8 - La nosémose

                                         LA NOSEMOSE

C'est une maladie parasitaire, très contagieuse, atteignant les abeilles adultes. Elle évolue sous une forme chronique (douce - cachée - lente) ou aiguë, active.

Elle est due à une microsporidie : noséma apis. C'est un être unicellulaire qui passe à un stade spore. C'est le stade de la contamination où elle passe d'une abeille à une autre. La spore (5 microns sur 3 microns) ne peut-être observée qu'au microscope après coloration.

Noséma apis sévit dans l'estomac de l'abeille. Quand la spore arrive dans l'intestin, sous l'influence des sucs digestifs, le filament polaire est projeté et il lui arrive de pénétrer dans les cellules épithéliales recouvrant la paroi interne de l'intestin. Le noyau germinatif accompagné d'une petite quantité de cytoplasme( partie fondamentale de la cellule) va cheminer dans le tube du filament creux, arriver à l'intérieur des cellules épithéliales au bout de 5 à 6 heures.

Il se développe en passant par plusieurs stades.

Le noyau germinatif arrivant dans la cellule épithéliale constitue le planonte qui s'accroît en absorbant une partie de la cellule épithéliale. Il devient le méronte.

C'est à ce stade qu'il fait le plus de tord à l'abeille. Il se multiplie par division cellulaire et en 2 ou 3 jours, il arrive à occuper toute la cellule épithéliale.

Il n'y a alors plus rien à manger dans les cellules épithéliales. Les réserves étant épuisées, commence la sporulation qui est une forme de résistance pour passer dans le milieu externe et une forme d'infestation pour passer dans les cellules épithéliales voisines.

La cellule éclate, les spores sont libérées.

   - Passage dans le milieu intérieur de l'estomac et un nouveau cycle recommence.

   - D'autres sont éliminées avec les déchets et contaminent l'extérieur.

Durée du cycle 3 jours, donc : multiplication très rapide.

La résistance de la spore est fortement diminuée par la chaleur même faible. En chauffant le miel au bain- marie, on obtient la stérilisation.

CONTAMINATION  : toujours par les spores:

     - à l'intérieur des ruches par les abeilles qui reprennent les excréments des abeilles infestées.

     - à l'extérieur

          * aux abreuvoirs car les abeilles infestées en venant s'abreuver rejettent des excréments souillés

          * sur les fleurs où les abeilles infestées penant le nectar rejettent des excréments souillés

          * autour de la ruche par les abeilles mortes.

La contamination de ruche à ruche peut se faire par le pillage ou la dérive

La contamination est aggravée

 Par le froid et l'humidité en particulier au printemps quand une période humide, venteuse, froide succédant à du beau temps, oblige les abeilles à rester dans la ruche et les oblige à rejeter leurs excréments dans les ruches.

PARALLELISME ENTRE L'AGGRAVATION DE LA MALADIE ET LE DEVELOPPEMENT DU COUVAIN

Raison: manque de protéines dont les abeilles épuisent leurs réserves en nourrissant les larves

Conséquences: nécessité d'apporter du pollen artificiel : lait écrémé en poudre, levure de bière déshydratée, farine de soja.

LESIONS DANS L'ESTOMAC

     - L'estomac des abeilles devient blanc, boudiné, gonflé d'excréments

     - si on presse l'abdomen, l'abeille rejette une abondante diarrhée ( on pense que le feutrage des filaments des spores l'empêche de rejeter ces excréments.

ATROPHIE DES GLANDES NOURRICIERES

          qui ne secrètent plus la gelée royale.

           - le couvain n'est donc plus nourri (donc mortalité du couvain et affaiblissement progressif de la ruche)

SYMPTOMES

     - abeilles lentes

     - diarrhée

     - diminution progressive du nombre d'abeilles

     - consommation très grande des réserves. ( l'estomac fonctionnant mal, les abeilles ont toujours le besoin de manger)

DIAGNOSTIC

     - agitation hivernale

     - présence d'abeilles sur le plateau en hiver

     - mortalité de ruches au printemps

     - ruche souillée par les excréments

PRONOSTIC

     Maladie très répandue à l'état chronique mais qui ne devient néfaste qu'à la faveur d'autres troubles apportés à la ruche

          - température ( froid)

          - manques nutritifs ( protéines)

          - essaimage forcé

          - provisions insuffisantes

          - humidité

B*

   Traiter toutes les ruches du rucher. Renouveler le traitement le traitement 6 mois après puis au printemps suivant

*en 2002 L'AMM du Fumidil B n'a pas été reconduite

PREVENTION

   Eviter toute cause d'affaiblissement d'une ruche ( froid - humidité)

   Eviter apport d'abeilles infestées

DESINFECTION

DECLARATION OBLIGATOIRE

TRAITEMENT DE LA NOSEMOSE

Attention, aujourd'hui l'emploi du fumidil est interdit en France. Depuis 2002 l'AMM n'a pas été reconduite

1) Préparer, pour chaque nourrissement, autant de litre de sirop qu'il y a de ruches à traiter

2) Dissoudre le médicament dans un peu d'eau froide. Un flacon de Fumidil B permet un nourrissement de 15 ruches ( pour un traitement complet de printemps il faut donc 4 flacons de FumidilB pour 15 ruches)

3) Mélanger la petite quantité d'eau médicamenteuse après complète dissolution dans le sirop froid, remuer et agiter pour assurer un mélange parfait.

4) Donner un litre de sirop  médicamenteux à chaque ruche

     * même administration 3 jours après

     * 3ème nourrissement 4 jours après le 2ème

     * 4 ème nourrissement une semaine après le 3ème

au total: quantité administrée 4 litres par ruche

               durée du traitement 2 semaines

un conseil: dès le premier traitement( donc au bout de 2 semaines) transvaser les abeilles dans une ruche saine.

Les ruches atteintes peuvent être désinfectées aux vapeurs d'acide acétique dans une pièce chaude ( durée 2 à 7 jours) ou au formol commercial à 20% sous forme liquide

                                    °-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°

Nosema Ceranae menace les ruchers

Noséma Ceranae est un organisme unicellulaire à l'origine de la nosémose, maladie  contagieuse qui, combinée aux mauvaises conditions climatiques  et à la présence de varroa (acarien parasite de l'abeille) peuvent contribuer à expliquer les dépopulations d'abeilles.

Le Réseau biodiversité pour les abeilles s'associe au Syndicat apicole du Jura pour attirer l'attention des apiculteurs sur la menace que représente Nosema ceranae, protozoaire parasite de l'intestin des abeilles.

Plus de 4 millions de spores de Nosema Ceranæ par abeille ont été découverts par les scientifiques du laboratoire départemental d'analyse du Jura sur 50 % des échantillons provenant de quatre régions de l'Est de la France : Champagne, Lorraine, Alsace et Franche Comté. De plus, le Nosema Ceranæ est présent dans presque tous les échantillons. Conclusion : cette nouvelle forme de
nosemose semble confirmer que Nosema ceranae est en train de remplacer le Nosema Apis.

 La conséquence directe de cette invasion de Nosema Ceranæ est la mort des abeilles et de ruchers entiers. Les colonies rescapées sont très fortement affaiblies et nombre d'entre elles seront donc improductives. Plus grave encore, les attaques de Nosema Ceranæ ouvrent la porte à d'autres pathologies opportunistes, tout particulièrement les virus.

 

 

 

 

 



08/08/2006
5 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 35 autres membres